homélie : 6e dimanche de Paques

Publié le par jim

Dans la première lecture, saint Luc nous parle d'un affrontement entre deux communautés totalement différentes. Pierre avait accueilli dans l'Eglise un officier de l'armée Romaine. C'était donc quelqu'un qui ne pratiquait pas la religion juive. Face à lui, se trouvaient des chrétiens qui étaient des juifs convertis et qui étaient très attachés à la loi de Moïse. Ces derniers prétendaient imposer aux païens convertis qu'ils adoptent comme eux les coutumes de la loi de Moïse. Mais ces nouveaux venus répondaient : "Nous n'avons rien à voir avec la loi de Moïse. C'est à Jésus Christ que nous nous sommes convertis."

La loi de Moïse avait été un moment important dans l'histoire du peuple de Dieu. Avec la venue de Jésus, cette loi n'est pas abolie ; bien au contraire, il va beaucoup plus loin ; avec lui, nous sommes entrés dans une nouvelle alliance. Sa présence dans notre vie et notre monde vient tout bouleverser. Il ne suffit plus de respecter une loi et des interdits. Ce qui nous est proposé, c'est de plonger dans cet océan d'amour qui est en Dieu. Si nous faisons cela, plus rien ne peut être comme avant.

Des conflits entre chrétiens de courants différents, il y en a toujours. Nous en connaissons tous. Il y a par exemple ceux qui refusent les réformes du Concile Vatican II et qui cherchent à nous imposer leurs pratiques, leur vision de l'Eglise. Vatican II avait été une grande étape pour aider les chrétiens à aller au cœur de la foi et à être témoins de l'Evangile pour le monde d'aujourd'hui. Les évêques de l'époque se sont retrouvés, ils ont pris de temps pour revenir aux "fondamentaux" de la foi, de la Bible, et de tout ce qui se rapporte à la vie des communautés chrétiennes. Mais rien ne peut avancer sans notre participation.

Dans le récit des Actes des Apôtres, saint Luc nous fait comprendre que l'Eglise n'est pas envoyée pour annoncer une loi ou une morale ni pour imposer des coutumes. Bien sûr, la loi et la morale seront toujours nécessaires. Mais elles ne peuvent suffire à nous sauver. C'est par la foi au Christ et dans une relation confiante avec lui que nous obtiendrons notre Salut. Lui seul est notre chemin, notre Vérité et notre vie. C'est donc lui que nous devons suivre et écouter.

Etre chrétiens c'est se laisser animer en toutes circonstances par l'Esprit de Jésus. Si nous le laissons entrer en nous, si nous le prenons comme guide de notre vie, à ce moment-là, tout est bouleversé, notre vie est totalement transformée. Notre référence ne sera plus une loi ni une morale comme au temps de Moïse mais la personne même de Jésus. C'est par lui seul que nous pourrons être sauvés.

Dans l'Eglise, nous sommes une grande famille qui a choisi de donner sa confiance au Christ. Ensemble, nous essayons de vivre à sa lumière et de répondre à ses appels. Ensemble, nous sommes envoyés dans le monde d'aujourd'hui pour témoigner de son œuvre de salut. C'est Jésus lui-même qui l'a demandé à ses apôtres et, à travers eux, à toute l'Eglise : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie." Cet appel vaut aussi pour chacun de nous. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés en mission, même si nous n'avons pas de grandes capacités.

L'Eglise que Jésus envoie, c'est tout le peuple de Dieu. Il est formé de gens divers de toutes races et de toutes cultures, de toutes tendances et de toutes coutumes. Les uns et les autres, sans jamais y parvenir pleinement, s'efforcent de vivre selon l'Esprit de Jésus et de témoigner de l'évangile. Notre grand souci dans l'Eglise ne doit pas être notre propre salut ni notre bien être personne. Notre priorité doit être le Salut de tous les hommes, la construction d'un monde plus juste et plus fraternel, d'un monde de fils et de filles de Dieu.

L'Eglise doit être accueillante à tous, aux personnes malades, aux étrangers, à ceux qui sont fidèles dans la foi mais aussi aux recommençant, ceux et celles qui redécouvrent la foi et surtout à ceux et celles qui sont dehors. Aujourd'hui, saint Luc nous fait comprendre que nous n'avons pas à imposer aux autres d'être comme nous. Nous devons les respecter dans leur cheminement, leurs différences. L'essentiel n'est pas de revenir à une tradition qui était bonne autrefois : nous avons bien mieux à faire ; un chrétiens c'est quelqu'un qui a mis sa foi et sa confiance en Jésus et qui s'est engagé à continuer son travail dans le monde. Nous pouvons être des signes de l'amour de Dieu par toute notre vie, nos paroles, nos actes, tout ce que nous faisons pour les autres, en particulier pour les plus pauvres. C'est en nous efforçant d'aimer comme Jésus et avec lui que nous révèlerons quelque chose du vrai visage de Dieu.

D'après diverses sources
Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 13/05/2007
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