piste pour homélie du 22 septembre 2008 "25e dimanche ordinaire"

LE PERE JEAN DE COMPAZIEU est un ami voici une de ces pistes d'homélie pour ce dimanche :

"22 septembre 25 eme dimanche ordinaire"



Voilà un évangile que nous risquons de mal comprendre si nous le lisons à la manière d'un syndicaliste. Un jour, un jeune me disait : "Je ne suis pas d'accord avec cet évangile : Il n'est pas normal que les ouvriers de la 11ème heure soient payés comme ceux de la première." Lui qui travaillait dans une grosse entreprise savait de quoi il parlait. Normalement, chacun est payé en fonction de son travail et du nombre d'heures, du moins je l'espère pour eux. Mais dans l'évangile de ce jour, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Le contexte est totalement différent.

Quand Matthieu écrit son évangile, il s'adresse à des juifs convertis. Depuis toujours, ces derniers sont très attachés à la loi de Moïse et ils s'efforcent d'y rester fidèles. Or voilà que des païens se convertissent aussi à Jésus. Ces derniers ne se sentent pas concernés par la loi de Moïse. C'est le Christ qu'ils ont choisi de suivre. En rapportant cette parabole, Matthieu voudrait rappeler aux chrétiens venus du judaïsme qu'ils n'ont pas le droit de juger. Et surtout, ils ne doivent pas être jaloux des nouveaux bénéficiaires du Salut donné en Jésus Christ. Pour les uns et les autres, l'important c'est cette présence du Christ qui change tout dans notre vie.

Cette parabole est aussi écrite pour chacun de nous aujourd'hui. On nous a appris qu'il faut faire beaucoup d'efforts pour chercher Dieu, le rencontrer, le "mériter" et ainsi pouvoir accéder à son Royaume. Aujourd'hui, l'évangile voudrait nous aider à corriger notre manière de voir les choses. Ici, c'est le Maître du domaine c'est-à-dire Dieu qui fait le premier pas vers l'homme. Lui-même sort cinq fois pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. C'est Dieu qui, le premier se met à la recherche de l'homme. Il le fait inlassablement sans jamais se décourager.

Beaucoup de parents et de grands parents se désolent de voir leurs enfants et leurs petits enfants s'éloigner de la foi. Parfois cela dure des années. Mais Dieu ne les abandonne pas. Il ne les lâche pas car il est amour et il tient à chacun comme à son bien le plus cher. Il continue à agir dans le secret de leur cœur. Il s'arrange toujours pour mettre sur leur route les personnes qu'il faut pour les aider à retrouver le chemin de la foi. Pour s'en rendre compte, il suffit d'écouter ou de lire les témoignages des nouveaux convertis. Pour certains ce sera à la 11ème heure, ou, comme celui que nous appelons le "bon larron", à la dernière minute.

L'important c'est d'entendre cet appel que le Seigneur nous adresse inlassablement tout au long des jours et des années : Allez vous aussi à ma vigne." Cette vigne, c'est un symbole très fort que nous retrouvons tout au long de la Bible. Pour l'Evangile, c'est le Royaume de Dieu. Jésus en est le cep et nous sommes les sarments. Il faut absolument que cette vigne produise du fruit. C'est en vue de cette mission que Dieu appelle des ouvriers. Travailler à la vigne du Seigneur c'est témoigner de l'espérance qui nous anime. Nous sommes envoyés vers ceux et celles qui nous entourent, en particulier vers ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie, la violence, la maladie, les catastrophes naturelles.

Travailler à la vigne du Seigneur, c'est tout faire pour redonner joie et espérance à ceux qui en manquent, c'est être artisan de paix, d'unité et de réconciliation, c'est tout faire pour que nos communautés deviennent plus vivantes et plus fraternelles. A travers notre accueil, nos paroles et nos actes, ceux qui nous entourent doivent pouvoir découvrir quelque chose de la bonté de Dieu. Ils sont nombreux ceux et celles qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie. Ils ont besoin de rencontrer sur leur route de vrais témoins de la foi.

En cette période de l'année, nous pensons tous aux catéchistes et aux divers animateurs de groupes. Ils ont entendu l'appel du Seigneur à travailler à sa vigne. Mais ils ne sont pas les seuls. C'est toute la communauté chrétienne qui est appelée à témoigner de sa foi auprès des plus jeunes. Nous sommes tous responsables les uns des autres et personne ne doit rester sur la touche. Bien sûr, certains ne sont pas faits pur être animateurs. Mais ils peuvent répondre à d'autres besoins dans un service d'Eglise. Et surtout, à travers leur manière de vivre, ils témoignent aux yeux de tous de la place de Jésus dans leur vie.

En réponse à cet engagement, le Christ nous promet "ce qui est juste." Dans notre esprit, il s'agit d'un salaire proportionnel au travail accompli. Celui qui travaille plus doit gagner plus. Mais la justice de Dieu n'a rien à voir  avec cette conception distributive. Elle est fondée sur l'amour, un amour sans limite qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qu'il promet, c'est d'être avec Jésus dans son Royaume. De ce fait, il est forcément le même pour tous. Il ne faudrait pas croire qu'en raison de nos mérites, nous avons des droits sur Dieu. Dieu ne nous donne pas en fonction de nos mérites mais en fonction de son amour qui sans limite.

En célébrant l'Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qu'il ne cesse de nous porter. Qu'il nous apprenne à regarder les autres comme des frères et des sœurs. Il n'y a pas de premiers ou de derniers. Nous sommes tous appelés à la même table de famille, tous enfants du même Père.D'après diverses sources Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 27/07/2008)
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